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5- UN CHOIX EN MATIÈRE D'ÉDUCATION |
Selon une définition,
| "I'éducation est une action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale. Elle a pour objet de susciter et de développer chez I'enfant un certain nombre d 'états physiques intellectuels et moraux que réclament de lui la société dans son ensemble et le milieu auquel il est particulièrement destiné" (E. Durkheim, 1911). |
Selon une autre définition,
| "I'éducation c'est I'ensemble des méthodes qui permettent à un enfant de traverser les périodes de développement qui le conduisent à un épanouissement personnel aussi complet que possible par rapport à l'ouverture que la société lui offre" (S. Lebovici, 1979). |
La première trouve sa racine dans "educare" ("former"), c'est à-dire donner forme à ce qui n'en a pas et la seconde dans " educere" ("faire éclore") c'est à-dire donner vie à ce qui existe déjà. Toutefois, dans un cas comme dans l'autre, deux dimensions - individuelle et collective, personne et société sont nécessairement présentes car il serait vain de prétendre éduquer sans tenir compte à la fois de la personne et de la société dans laquelle elle vit.
Le Scoutisme inventé par Baden-Powell intègre les deux dimensions. Son but est à la fois personnaliste et communautaire. Il vise le développement intégral de la personne afin qu'elle soit mieux à même de prendre une part active dans la société. A travers sa méthode, il s'attache à accompagner chaque individu dans sa démarche personnelle de développement et prône "l'éducation du dedans" par opposition à "l'instruction du dehors". Il s'agit de développer ce qui est bon, de faire croître ce qui est latent dans un sens positif et responsable. C'est d'ailleurs ce qui explique l'énorme succès qu'il connut dès le début à une époque où la tendance consistant à "mouler" l'individu dominait nettement le monde de l'éducation des jeunes .
En dehors du fait qu'elle considère l'individu comme un être unique et responsable, capable de se prendre en charge, cette approche a pour avantage de ne pas situer l'éducation comme une phase "préparatoire" située en amont, en attente, de la vie (adulte) mais bien dans sa continuité. Chaque individu est une personne complète à chaque moment de sa vie. Ce n'est pas rendre crédit à l'homme que de considérer la phase adulte de sa vie - et encore faudrait-il savoir quand elle commence et quand elle s'achève - comme la seule phase achevée de la personnalité, avant laquelle on ne serait pas encore et après laquelle on ne serait plus une personne complète. Lorsque nous disons que le Scoutisme est école de la vie, nous voulons dire que l'on y apprend à vivre de mieux en mieux, c'est-à-dire de manière plus consciente, plus épanouie, plus responsable, dans chacun des cinq domaines dont nous avons déjà parlé, physique, intellectuel, émotionnel, social et spirituel à chaque moment de la vie.
Vue sous cet angle, la personne est un tout. Elle constitue un tout en relation - relation à soi (corps, émotions, volonté, désirs, aspirations, etc...), relation aux autres (personne ou groupe), relation au monde (nature, environnement, société), relation à Dieu (la vie, la mort, l'au-delà, etc...). Bien entendu, cette "relation" se construit progressivement, sur un ensemble de valeurs auxquelles la personne choisit d'adhérer et qui "donnent un sens" à sa vie. Car vivre, en fin de compte, c'est vivre toutes ces relations, de manière de plus en plus consciente et unifiée. La relation au corps n'est pas indépendante de la relation aux autres ou de la relation à Dieu. Il est clair que mon apparence corporelle, ma tenue, ma santé, le soin que je prends de mon corps influence la manière dont les autres me perçoivent et dont j'entre en rapport avec eux. Il arrive aussi que l'inverse se produise et que l'état de ma relation à l'autre influence mon état physique, ma relation à mon corps. A quoi bon me garder en bonne santé si cette relation s'achève ? Il en va de même dans le domaine spirituel. Si ma foi fait du corps, "le temple de l'Esprit", cela entraînera nécessairement une exigence de "pureté" qui devra se traduire dans mes actes, dans ma manière de considérer mon corps et de le soigner mais aussi de respecter celui des autres.
Cette conception de l'éducation, liée au mouvement de la vie, au développement d'un être conscient, actif et responsable, à la fois autonome et solidaire n'est pas linéaire. Il ne peut pas y avoir d'enchaînement automatique des étapes, car l'évolution suit le mouvement de la vie, lié au caractère unique de chaque personne et à sa liberté. Pour l'essentiel, chaque personne se développe à partir des expériences auxquelles elle est confrontée. Le vécu est un enchaînement d'expériences qui concernent la personne dans sa globalité et sont reliées entre elles. Ainsi, une expérience intellectuelle peut déclencher des sentiments, des émotions, des sensations physiques, modifier la perception de soi et des autres et être à la base d'une expérience spirituelle. Toutefois, de toutes les expériences vécues, c'est la personne elle-même qui choisit - qui "décide" - non pas de manière rationnelle (intellectuelle), mais à partir de ce qu'elle ressent physiquement et émotionnellement, ce qui sera retenu et ce qui sera rejeté. Ce qui est retenu est alors intégré à l'expérience de vie et donc à la personne elle-même. Je suis pour une part - ce que je fais, ce que je ressens, ce que je vis.
S'agissant d'éducation, voilà qui remet l'éducateur - le mentor - à sa place ! Il propose et la personne dispose pour peu qu'on lui en laisse les moyens !

| "En matière d'éducation, on utilise essentiellement deux systèmes opposés. L'un consiste à faire éclore la personnalité de chaque individu, à lui communiquer le désir et l'enthousiasme d 'apprendre par lui-même. L'autre consiste à inculquer des idées, à les faire entrer de force dans la tête des gens. Dans le Scoutisme, c'est le premier système que nous utiliserons. " B-P |
DU SCOUTISME TOUT SIMPLEMENT ! |
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