LES PRINCIPES PÉDAGOGIQUES DU SCOUTISME
par Francine Craig (pour l'Association des Scouts du Canada)

Tout porte à croire que B.-P., avant de fonder le scoutisme, n'ait pas eu une réelle connaissance des mouvements pédagogiques qui émergeaient en l'Europe en ce début du siècle. Il n'y a non plus aucun signe qu'il ait été influencé par eux. On pourrait raisonnablement croire que l'évolution sociale qu'avait connu l'Europe jusque-là préparait le terrain à l'avènement de ces nouvelles approches en matière d'éducation et que, simultanément, de nombreux penseurs sont arrivés, par diverses chemins, à la même croisée.

Pourtant B.-P. a effectivement rencontré Maria Montessori, mais c'était bien après qu'il eût élaboré sa méthode. Il écrira d'ailleurs, suite à cette rencontre: «Cette manière d'éduquer (le scoutisme) se rapproche beaucoup du système de la doctoresse Montessori.» et, dans une réédition du Guide du chef éclaireur, il cite les paroles de la «doctoresse» en question: «L'éducation (des boy-scouts) est la suite naturelle de celle que je donne aux enfants.»

«Ainsi donc aucune étude théorique antérieure n'a préparé Baden-Powell au rôle de grand éducateur qu'il joue encore. La pédagogie ne semble pas l'avoir intéressé. Il n'a dans la pensée aucune idée préconçue. S'il connaît Froebel et Montessori, il ne paraît pas que ce soit autrement que par des rapports qu'il a découverts postérieurement entre son système et les autres. Et cependant, le chef scout n'en a pas moins une conception très exacte et une notion très nette du sens de la pédagogie comtemporaineÉ»

Nous savons que c'est pendant son service militaire que B.-P. commence à réfléchir sur la faiblesse de l'éducation anglaise, lorsqu'il constate, au contact des peuples autochtones en Afrique et en Indes, que les jeunes militaires, placés sous sa responsabilité, n'étaient pas préparés à la vie en colonie.

Par ailleurs, il a été appelé à former de nombreux jeunes gens de races et de cultures différentes, avec lesquels l'approche britannique ne convenait pas toujours. Il a dû faire preuve d'une grande capacité d'adaptation.

En 1919, il écrivait «Mon premier souci était de donner du caractère à chacun de mes jeunes soldats; c'est-à-dire de leur enseigner l'initiative, la maîtrise de soi, le sentiment de l'honneur et du devoir, la responsabilité, la confiance en soi, l'esprit d'observation et le raisonnement. Je faisais cela, à l'aide de la méthode qu'on appelle Scoutisme, en d'autres termes par l'éducation de l'individu au point de vue moral et intellectuel et non pas seulement par l'instruction.»

La source principale de la méthode scoute fut donc la vie et l'expérience de son fondateur. L'originalité de B.-P. fut de présenter ses idées sur l'éducation de manière simple, pratique, accessible à tous et surtout, de les présenter aux jeunes eux-mêmes.

Ses premiers écrits, destinés à former des hommes à la guerre, ne convenaient plus à sa nouvelle orientation qui était de former des jeunes garçons à la paix. Toutefois, il y puisa de nombreux moyens tels que les signes de piste et les techniques d'observation. C'est en 1906, au cours d'un voyage en Égypte, qu'il termina la rédaction du résumé de son programme scout.

«La plus grande originalité de son résumé était la conviction de son auteur que la meilleure méthode de former de bons citoyens était entre les mains des jeunes eux-mêmes, qui, répartis en petits groupes, en patrouilles de six garçons sous la conduite d'un chef choisi par eux, se chargeaient de leur propre éducation, fût-ce sous la surveillance bienveillante d'adultes bénévoles. C'est à la même époque que le Suisse Claparède énonça sa phrase surprenante: "En éducation, l'autorité suprême doit rester l'enfant lui-même..."»

Avant de publier son livre, le pédagogue autodidacte a voulu tester son programme. C'est dans cet esprit qu'il recruta une vingtaine de garçons et débarqua sur l'île de Brownsea. B.-P. voulait savoir si sa méthode, encore à l'état de théorie, allait résister à la pratique. L'expérience fut un succès sur toute la ligne. «Le 9 août 1907, le camp de Brownsea fut levé, l'histoire du scoutisme était commencé.»

Par la suite, les successeurs de B.-P. ont toujours veillé à toujours réadapter le scoutisme aux besoins actuels. L'Organisation Mondiale du Mouvement scoute prit une orientation claire en favorisant l'évolution du scoutisme original en un mouvement populaire qui, tout en restant fidèle aux hautes idées morales et spirituelles, et aux méthodes éducatives définies par le Fondateur, serve plus consciemment les aspirations de la jeunesse actuelle et les efforts de développement de tous les pays.

L'éducation scoute a donc évolué pour répondre aux besoins de nos sociétés modernes. Si les courants pédagogiques du début du siècle n'ont guère influencé sa création, on ne peut pas en dire autant des adaptations qui ont suivi. Le Mouvement scout, par l'intermédiaire du Bureau mondial, constitué de professionnels constamment alimentés par des études et des recherches dans les domaines les plus divers, n'est pas resté sourd aux plus récentes découvertes en matière de pédagogie, de psychologie et de sociologie. De grands thèmes, comme la coéducation, l'éducation au développement et la sensibilisation aux problèmes environnementaux, pour ne citer que ceux-là, ont eu des répercussions importantes sur l'évolution du Mouvement.

Qu'est-ce qu'ÉDUQUER ?

Une définition de l'éducation

L'éducation se définit comme étant la somme de ce que l'Humanité a appris sur elle-même. L'éducation est directement reliée à la culture et aux valeurs d'une société. L'éducation englobe l'instruction (transmission des connaissances), mais elle va plus loin. Tout le monde est disposé aujourd'hui à reconnaître que l'éducation est un système inséré dans un environnement à la fois politique, économique et social, avec lequel il est en interaction.

Les prétentions éducatives du scoutisme

«Le scoutisme ne prétend pas instruire. Il se veut être un moyen d'éducation.» Il entend aider les jeunes à trouver des réponses aux questions que la vie pose. D'où l'importance accordée à la formation du caractère, c'est-à-dire que devant un obstacle ou en face d'un choix, le jeune devra évaluer la situation, se faire une opinion et décider des moyens à prendre pour atteindre ses buts. Il devra ensuite passer à l'action et faire preuve de ténacité.

«Tout cela ne s'apprend pas dans les livres. Ce qui ne signifie nullement que les connaissances théoriques sont inutiles. Mais si l'instruction a pour but de nous les faire acquérir, l'éducation se propose de nous les faire utiliser dans un certain art de vivre. Chaque individu porte en soi les germes, les dynamismes de ce qu'il est appelé à être, de l'homme qu'il peut devenir. L'éducation consiste à créer autour de lui des conditions telles qu'il assumera lui-même les situations qui lui permettront de se développer. Les dynamismes d'un être, ne sont pas toujours apparents.

Il incombe donc à l'éducateur de les découvrir, de les faire fructifier pour qu'ils se développent au maximum, et qu'ainsi chacun puisse parvenir à l'épanouissement.»

La compréhension de soi, des autres et du monde.

L'éducation contribue à former le jugement, à se comprendre soi-même et à comprendre les autres et le monde qui nous entoure.

Face à la complexité grandissante des phénomènes mondiaux (interdépendance planétaire, accès à l'information via l'autoroute électronique, globalisation des marchés…), les adultes de demain devront non seulement acquérir un grand nombre de connaissances, mais ils devront aussi pouvoir relativiser la quantité d'information dont ils disposeront, faire des liens et développer leur sens critique.

Pour comprendre les autres, leur environnement, il faut les connaître et les respecter. C'est pourquoi on parle de plus en plus de l'éducation à la tolérance. Par ailleurs, pour comprendre les autres et tolérer les différences, il faut aussi se connaître soi-même.

«La responsabilité de l'éducation à cet égard est à la fois essentielle et délicate, dans la mesure où la notion d'identité se prête à une double lecture: affirmer sa différence, retrouver les fondements de sa culture, renforcer la solidarité du groupe, peuvent constituer pour tout individu une démarche positive et libératrice; mais, mal compris, ce type de revendication contribue également à rendre difficiles, voire impossibles, la rencontre et le dialogue avec l'autre. L'éducation doit dès lors s'attacher à la fois à rendre l'individu conscient de ses racines, afin qu'il puisse disposer de repères lui permettant de se situer dans le monde, et à lui apprendre le respect des autres cultures.»

Si le respect des différences culturelles devrait faire l'objet d'un projet éducatif général et permanent dans nos unités scoutes, le respect des différences individuelles devrait être considéré comme un principe fondamental.

Sans vouloir porter de jugement trop sévère sur le système scolaire, nous savons qu'il est souvent accusé d'imposer le même moule à tous les enfants sans tenir compte de la diversité des talents naturels. Les enfants qui ne cadrent pas dans ces moules se retrouvent bien souvent exclus et voient leur épanouissment personnel compromis et leurs chances d'avancement limitées.

«L'éducation peut être un facteur de cohésion si elle s'efforce de prendre en compte la diversité des individus et des groupes humains tout en évitant d'être elle-même un facteur d'exclusion.»

Une éducation parascolaire, comme celle dispensée par le scoutisme, devrait favoriser le développement de tous les enfants dans le respect de leur rythme et de leur dynamisme personnel. Cela signifie qu'il faudrait éviter toute forme de programme standardisé et veiller à adopter l'approche et les moyens aux besoins et caractéristiques des jeunes qui nous sont confiés.

Les quatre piliers de l'éducation

Nous avons choisi de résumer ici l'orientation prise par la Commission internationale sur l'éducation pour le XXIe siècle, qui présente les quatre piliers sur lesquels reposent l'éducation :

- apprendre à connaître

- apprendre à faire

- apprendre à être

- apprendre à vivre ensemble

La Commission, tout en reconnaissant l'importance des trois premiers piliers, met davantage l'accent sur le quatrième. «Il s'agit d'apprendre à vivre ensemble en développant la connaissance des autres, de leur histoire, de leurs traditions et de leur spiritualité. Et à partir de là, de créer un esprit nouveau qui, grâce précisément à cette perception de nos interdépendances croissantes, à une analyse partagée des risques et des défis de l'avenir, pousse à la réalisation de projets communs ou bien à une gestion intelligente et paisible des inévitables conflits. Utopie, pensera-t-on, mais utopie nécessaire, utopie vitale pour soritr du cycle dangereux nourri par le cynisme ou la résignation.»

Apprendre à connaître

Apprendre à connaître consiste à maîtriser les instruments de la connaissance de façon à comprendre le monde, développer ses capacités et communiquer. Cela englobe le plaisir de comprendre, de connaître, de découvrir.Comme la somme des connaissances est de plus en plus multiple, il est vain de vouloir tout connaître. Une sélection, en fonction des intérêts, des talents et des besoins est inévitable. Toutefois, une culture générale la plus large possible permet de s'ouvrir sur le monde et d'entrer en communication avec les autres.Apprendre à connaître suppose apprendre à apprendre, par l'exercice de l'attention, de la mémoire et de la pensée:apprendre à concentrer son attention sur les personnes et sur les choses, entraîner sa capacité de mémoire associative, de façon à faire des liens entre les innombrables données disponibles, exercer sa pensée déductive d'une part, et inductive d'autre part.

«L'éducation première peut être considérée comme réussie si elle a donné l'impulsion et les bases qui permettront de continuer à apprendre tout au long de la vie, dans le travail, mais aussi hors du travail.»

Apprendre à faire

Apprendre à connaître et apprendre à faire sont indissociables. Faire, signifie participer à la fabrication de quelque chose. Apprendre à faire, c'est développer ses compétences et se préparer au travail futur.Pour apprendre à faire, il faut savoir s'adapter aux progrès techniques et technologiques, c'est-à-dire développer les qualifications nécessaires pour accomplir des tâches de production plus intellectuelles, moins physiques, qu'elles ne l'étaient dans le passé. Les groupes de projet remplaceront les tâches programmées et parcellisées. Les compétences strictement techniques ne suffisent plus. Les employeurs recherchent des individus ayant des attitudes appropriées, un savoir être qui est intimement lié au savoir-faire:

la capacité à communiquer, la capacité à travailler avec d'autres, la capacité de résoudre des problèmes, l'initiative, l'engagement personnel.

Le jeune doivent se préparer à faire face à un monde du travail en pleine mutation où les machines deviennent plus intelligentes au fur et à mesure que le travail se dématérialise. La «dématérialisation» du travail touche toute une catégorie d'activités que l'on regroupe habituellement sous la rubrique des «services». Ces activités ne sont ni industrielles ni agricoles et elles ont en commun le fait de ne pas produire un bien matériel. Les services se définissent en fonction de la relation interpersonnelle qui s'établit entre deux individus. Ce type de travail exige des habiletés en communication très développées.

«On peut finalement imaginer que, dans les organisations ultra-technicisées du futur, des déficits relationnels puissent créer de graves dysfonctionnements, appelant des qualifications d'un type nouveau à base plus comportementale qu'intellectuelle.»

Apprendre à être

L'éducation doit contribuer au développement global de chaque individu: physique, intellectuel, affectif, social et spirituel. À cela la Commission internationale ajoute la sensibilité, le sens esthétique, la responsabilité personnelle, le jugement et l'imagination. «Tout être humain doit être mis en mesure, notamment grâce à l'éducation qu'il reçoit dans sa jeunesse, de se constituer une pensée autonome et critique et de forger son propre jugement, pour déterminer par lui-même ce qu'il estime devoir faire dans les différentes circonstances de la vie.»

Le développement de la liberté de pensée semble représenter une forme de garantie dans une monde où l'évolution technique et le pouvoir médiatique viennent accentuer la crainte d'un monde déshumaniser. L'éducation sur le plan du savoir être aurait pour rôle essentiel de rendre les individus maîtres de leur destin.

Pour contrer la menace de standardisation des conduites individuelles au profit d'une collectivé impersonnelle, on devra faire une place particulière à l'imagination et à la créativité, qui sont les manifestations les plus nettes de la liberté humaine.

Apprendre à vivre ensemble

L'éducation à la paix et à la tolérance est un objectif essentiel si on veut préparer le futur. Pour obtenir des résultats, ne serait-ce que partiels, il faut aborder la diversité humaine en faisant ressortir les similitudes qui nous unissent et l'interdépendance entre tous les êtres humains de la planète.

En amenant les enfants et les jeunes à réaliser des projets communs, ils apprennent la complémentarité, la compréhension mutuelle et la solidarité. Les projets communs permettent de mieux connaître les autres, mais aussi de mieux se connaître soi-même car ils vont ressortir les qualités et compétences propres à chaque individu.

Par les projets communs et la vie de groupe, on prépare les jeunes à régler les inévitables conflits qui peuvent survenir par des comportements centrés sur la coopération plutôt que sur la compétition. Cela peut contribuer à développer une attitude d'empathie, c'est-à-dire la capacité à se mettre à la place de l'autre.

Ces apprentissage, la réalisation de projets communs et la capacité à régler des conflits, influenceront les comportements sociaux tout au long de la vie et renforceront le jugement personnel.

«L'opinion publique, à travers les médias, devient l'observateur impuissant, voire l'otage, de ceux qui créent ou entretiennent les conflits. Jusqu'à présent, l'éducation n'a pas pu faire grand chose pour modifier cet état de fait. Peut-on concevoir une éducation qui permette d'éviter les conflits ou de les résoudre de manière pacifique en développant la connaissance des autres, de leurs cultures, de leur spiritualité?»

Rôle de l'éducateur scout

Il est surprenant de constater que les quatre piliers de l'éducation, tels que décrits par la Commission internationale de l'éducation pour le vingt et unième siècle se retrouvent presque textuellement dans le programme scout. Qui pourrait contester maintenant que le scoutisme est un mouvement d'éducation et, qui plus est, un mouvement dont les principes s'harmonisent avec les grands défis du vingt et unième siècle?

Scoutisme et école

Le scoutisme n'a pas la prétention de se substituer aux institutions scolaires qui ont, elles aussi, un rôle primordial à jouer. Le scoutisme ne saurait dispenser des matières scolaires comme la lecture, l'écriture, les mathématiques, l'histoireÉ Par contre, les défis qu'il offre aux jeunes viennent compléter l'acquisition des connaissances dites académiques, de façon à les préparer au monde exigeant de demain.

«C'est en ce sens qu'il faut rechercher, par exemple, les synergies possibles entre les savoirs et les savoir-faire ou entre les savoir-être et les savoir-vivre ensemble, et par conséquent la complémentarité des formes et des espaces d'éducation correspondants. D'autre part, l'offre d'éducation, en se développant très largement hors du système formel, répond à la demande de diversité qui s'exprime dans toutes les sociétés et permet des parcours éducatifs variés. Une dynamique doit dès lors s'exercer entre l'institution scolaire ou universitaire et ces différentes "alternatives" éducatives: une dynamique de complémentarité et de partenariat, mais aussi un processus de changement et un questionnement des pratiques éducatives traditionnelles. Ainsi, l'éducation devient l'affaire de tous. Elle concerne l'ensemble des citoyens, désormais acteurs et non plus simples consommateurs passifs d'une éducation dispensée par les institutions.»

La pédagogie de l'éducateur scout

La pédagogie de l'éducateur, c'est sa manière d'entrer en relation avec les jeunes. Elle englobe ses valeurs, sa vision du monde et les moyens qu'il utilise.

La pédagogie de l'éducateur scout, c'est sa manière de transmettre l'idéal et les valeurs du Mouvement dans l'espoir de favoriser le développement global de l'enfant (les cinq buts du scoutisme). Pour accomplir sa mission, l'éducateur scout doit bien connaître l'idéal, les valeurs et les buts du Mouvement et, cela est essentiel, y adhérer. L'éducation scoute ne s'improvise pas.

Par les différentes activités, l'éducateur scout doit constamment avoir en tête qu'il prépare les jeunes d'aujourd'hui à devenir des citoyens autonomes et responsables, engagés dans leur communauté et heureux. Cela suppose qu'il ait à coeur de forger leur sens critique, de permettre l'expression d'une pensée libre et autonome et de susciter leur désir d'apprendre davantage.

La socialisation, c'est-à-dire l'intégration des jeunes à la société, est aujourd'hui beaucoup plus complexe qu'auparavant. L'explosion des connaissances et la diffusion de l'information, le développement des sciences et des technologies, la nature du travail, ont transformé radicalement la société.

Or, loin d'être une trahison, comme certains le prétendent, le scoutisme d'aujourd'hui, s'il contribue réellement à former les adultes de demain, se rapproche du vrai scoutisme, tel que conçu par B.-P. lui- même. Et, comme l'a déclaré Lady Olave elle-même, «Tirons notre chapeau au passé et retroussons nos manches pour préparer le futur.»