HAMID, LE PETIT MUSULMAN
SON CALENRIER ET SES FÊTES

Comme tu as pu le voir en lisant l'histoire d'Hamid, pour les musulmans les années ne sont pas comptées, comme pour les catholiques et les protestants, à partir de la naissance de Jésus-Christ, mais à partir de l'installation du prophète Mohammed dans la ville de Médine.

Selon le calendrier auquel tu es habitué en France, c'est donc en 622 que débute ce que les disciples de Mohammed appellent l'ère de l'Hégire.

En quelle année sommes-nous donc pour Hâmid et ses frères ? Contrairement aux apparences, il ne suffit pas de retrancher 622 au numéro de l'année en cours. En effet, le calendrier proprement dit est, lui aussi, différent de celui que tu connais. C'est Mohammed lui-même qui l'a transformé quelques mois avant sa mort. Il s'agit d'un calendrier lunaire qui suit, comme son nom l'indique, les phases de la lune alors que le calendrier chrétien suit le cycle solaire. L'année musulmane commence chaque année 12 jours plus tôt environ.

Si, au début, la différence était de 622 ans, chaque année elle diminue. En 1977 par exemple, le décalage n'est plus que de 580 ans. Ce qui donne, pour les musulmans, I'an 1397 de l'Hégire. Dans 270 000 ans, c'est le calendrier musulman qui semblera plus ancien.

LE RAMADAN

Conséquences du calendrier lunaire : le mois du Ramadan ( dont tu as peut-être entendu parler ) arrive chaque année 12 jours plus tôt. En une trentaine d'années, il fait le tour complet des saisons.

Tu as lu dans l'histoire de l'islam que le prophète Mohammed avait pris l'habitude, dès ses 35 ans, de partir un mois chaque année dans le désert pour méditer et prier dans une grotte. Comme son grand-père, il avait choisi pour cela le mois de l'année ou ramadan et c'est vers la fin de ce mois qu'il reçut pour la première fois la visite de l'ange qui le transforma en Messager de Dieu.

En souvenir de cette "révélation" chaque année, pendant le mois de Ramadan, les musulmans n'absorbent aucune nourriture depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil. Le Coran a dit en effet : "Mangez et buvez jusqu'à ce que l'aurore distingue le fil blanc du fil noir. Conservez alors le jeûne jusqu'à la nuit".

Dans les pays islamiques, chaque soir, quand le soleil disparaît à l'horizon, les canons tonnent pour marquer la fin du jeûne et la joie est grande dans le peuple, qui se réunit pour "rompre ce jeûne".

Le mois de Ramadan se termine par la "nuit de la détermination divine". Au cours de cette nuit-là " les portes du Paradis s'ouvrent toutes grandes et celles de l'Enfer se ferment. Les démons sont enchaînés".

DES NUITS DE VEILLE

Mais il ne suffit pas de jeûner toute la journée pour faire un bon Ramadan. Il faut aussi s'abstenir de tout plaisir des sens, même par la pensée. Enfin, et c'est très important, chaque nuit du mois, les croyants veillent et prient. Après la dernière prière habituelle, d'autres doivent être récitées. Un office spécial qui s'appelle Tarawih est célébré. Chapitre après chapitre, Le Coran tout entier est ainsi récité pendant les longues nuits de veille du Ramadan.

Tout petit, Hamid ne jeûnait pas. Puis, quand il est devenu adolescent, à 12 ans, il a commencé à jeûner un jour, puis deux, puis dix. C'était alors une grande joie pour ses parents et sa famille. A partir de la puberté (vers 15 ou 16 ans), il devra jeûner comme un adulte.

A la fin du Ramadan arrive la fête du Petit Baïram. Une fête que les enfants aiment. Sur le plan matériel, elle ressemble un peu au Noël des pays chrétiens : on donne des cadeaux et on en reçoit, et surtout on essaie d'être très bon.

LE PÈLERINAGE À LA MECQUE

Ce n'est pas une cérémonie annuelle mais un voyage que tout vrai musulman doit accomplir une fois au moins dans sa vie. Le Coran dit : "Acquitte-toi du pèlerinage et de la visite de la Maison de Dieu".

Tu te souviens que l'histoire de la religion musulmane commence dans cette ville de la péninsule arabique nommée La Mecque où Mohammed est né et a grandi. Tu te souviens aussi que, bien avant que le prophète ne porte aux hommes le message de Dieu, il existait à La Mecque une Maison du Dieu unique traditionnellement construite par Adam et restaurée par Abraham. On venait déjà là en pèlerinage chaque année vers cette maison appelée Kabah.

Sur le plan religieux, il ne s'agit pas seulement d'un pèlerinage tel que nous l'entendons en Occident. En arabe le mot employé est hajj qui veut dire à la fois "se diriger vers…" (le Seigneur) et "effort pour dominer quelque chose". Or c'est lui-même que le croyant devra dominer à cette occasion.

Matériellement, le pèlerinage se passe de la manière suivante : dès que les pèlerins arrivent à la frontière du territoire "saint", ils quittent leurs vêtements ordinaires. Les hommes s'habillent alors de deux pièces d'étoffe : un pagne et une sorte de châle qui couvre les épaules. Ces vêtements sont blancs et ne doivent comporter aucune couture. Ainsi vêtu, tête nue, ne se rasant plus, ne se coupant plus les cheveux, ni les ongles, le pèlerin s'arrête une journée pour méditer dans une banlieue de La Mecque appelée Arafat.

Vers le soir, c'est le vrai départ pour la ville sainte avec un arrêt pour la nuit à Muzdalifah. Au petit matin, on arrive à Mina, plus près encore du lieu de pèlerinage proprement dit. Il faut y rester trois jours, prier et, chaque matin, faire le geste de " jeter des pierres au diable ".

LA PIERRE NOIRE

Pendant ces trois jours à Mina, Les pèlerins sacrifient un mouton, puis ils se rendent à La Mecque. Là, ils vont devoir faire sept fois le tour de la Kabah: ils partent de la pierre noire, et font d'abord trois tours au pas de course, puis quatre plus lentement. A chaque fois qu'ils passent devant la pierre sacrée, ils s'arrêtent pour y déposer un baiser. Mais il y a foule autour de cette pierre. Alors, bousculés, pressés, happés par la passion collective, les pèlerins peuvent ne la toucher que de la main, ou de l'extrémité de leur bâton de pèlerin. S'ils ne réussissent pas à approcher, ils enverront du bout des doigts un baiser à cette pierre sainte. Ensuite, il faut parcourir sept fois la distance comprise entre les deux petites collines qui font face à la Kabah et s'appellent Safa et Marwah.

Pourquoi ? En souvenir d'un récit coranique : la tradition veut qu'Abraham ait laissé sa femme Hagar avec son bébé Ismaël sur le site de La Mecque, qui était alors désertique.

Bientôt les provisions d'eau furent épuisées. La pauvre mère, affolée, courut dans tous les sens entre ces collines pour trouver de l'eau et faire boire son enfant altéré. La source Zamzam jaillit alors, en face de Ka'ba, sous les pieds du bébé déposé là par sa mère, et qui assoiffé frappait le sol de ses talons.

LE GRAND RASSEMBLEMENT

Le hajj ou pèlerinage, a aussi un sens social. Quand Mohammed, participant à cet ancien pèlerinage, prononça le discours devenu célèbre sous les noms de Discours du testament ( le prophète est mort trois mois plus tard ), 140 000 musulmans l'entouraient. Ils venaient de tous les coins de l'Arabie et des pays voisins.

Aujourd'hui, ce pèlerinage est l'occasion suprême pour les disciples de Mohammed de se rencontrer et de prier ensemble sans distinction de race, de nationalité ou de puissance sociale. Chaque année, le 9 du mois de Dul-Hijjah à Arafat, on récite encore ce discours solennel devant tous les pèlerins.

Pendant que le pèlerinage se déroule à La Mecque, les musulmans célèbrent, dans les autres régions du monde, la fête dite des sacrifices. C'est la deuxième fête religieuse de l'islam. Elle se passe de la manière suivante :

Le matin, les croyants se rendent à la mosquée ou, si elle n'est pas assez grande pour contenir tous les musulmans de la ville, dans un champ. Là, un peu comme le vendredi, on célèbre deux rak'ats suivis d'un sermon.

LES CINQ PILIERS DE L'ISLAM

Si le mois du Ramadan et les fêtes qui en marquent la fin représentent, avec le pèlerinage à La Mecque, les événements essentiels de la vie d'un musulman, ils ne représentent pourtant que les deux dernières "obligations" du croyant.

Il existe en fait cinq "actes de foi" qu'on appelle généralement les "cinq piliers de l'islam" et sur lesquels repose toute la religion révélée au prophète Mohammed.

Ces cinq "piliers" sont traditionnellement les suivants :

- La profession de foi

Il suffit de dire, en y croyant profondément : "Il n'y a pas de Dieu si ce n'est Dieu lui-même et Mohammed est son prophète" pour être musulman. Cette affirmation et cette croyance en un Dieu unique révélé aux hommes par l'intermédiaire de Mohammed est la base même de la religion du petit Hâmid.

- La prière, appelée aussi "office"

Répétée cinq fois par jour : à l'aube et au coucher du soleil, à midi et à quatre heures, enfin une heure et demie après la tombée de la nuit. Cette prière est accompagnée de salutations et de prosternations qui ont été directement révélées par Dieu au prophète pour que celui-ci les enseigne aux hommes comme moyens de communier avec Lui. Tu en trouveras la description page

- L'impôt religieux

Tout musulman doit consacrer une partie de ses revenus à la communauté. Le Coran lui-même précise que les croyants paieront une sorte d'impôt appelé zakat et que cet impôt est destiné "aux indigents, aux pauvres, à ceux qui les recueillent, à ceux dont les coeurs sont à gagner par l'islam, à l'affranchissement de ceux qui sont esclaves, à ceux chargés d'amendes", enfin "pour la cause de Dieu et pour les voyageurs".

Comme tu t'en doutes, au temps du prophète, le zakat constituait un véritable impôt, le seul que tout citoyen devait payer pour faire vivre la communauté.

A notre époque (et ceci depuis le califat du troisième successeur de Mohammed), seul l'impôt sur les épargnes n'est pas payé au gouvernement, mais distribué directement par le contribuable à ceux qui, selon le Coran, doivent en bénéficier.

- Le 4e pilier de l'islam est le Jeûne ou Ramadan

- Le 5e, le pèlerinage à La Mecque qui vient de t'être raconté, dans tous ses détails, plein de couleurs mais aussi de sens profond pour un musulman.

Les différents devoirs du musulman n'ont qu'un but : adorer Dieu par le corps et par les biens qu'il a donnés à l'homme. L'islam essaie de réunir les aspects matériels et spirituels de la vie : comme Le Coran les réunit dans ses préceptes.


1- SON HISTOIRE
2- COMMENT IL VOIT DIEU
3- SON LIVRE
4- SA JOURNÉE
5- SA SEMAINE
6- SON CALENDRIER ET SES FÊTES
7- LES GRANDS ÉVÉNEMENTS DE SA VIE
8- SA MAISON COMMUNE
9- SES GUIDES