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GUIDE DE L'ANIMATEUR B.M.
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C'est entre 11 et 12 ans que s'amorce le processus de changement, de passage entre l'enfance et l'âge adulte, qu'est l'adolescence. Elle est faite d'un double mouvement, reniement de l'enfance d'un côté, et recherche d'un statut stable de l'autre.
Il y a un décalage entre l'âge moyen de la puberté des filles, et celui des garçons. Nous devons tenir compte de ce décalage de maturité dans l'organisation de nos groupes et activités. De plus, il ne faut surtout pas considérer les filles et les garçons comme deux groupes homogènes, mais s'intéresser aux individus qui évoluent rapidement et, parfois, brusquement. Exemple : lors d'une sortie, chaque éclaireuse et éclaireur de votre unité doit avoir pu dialoguer - ne serait-ce que quelques instants - avec un animateur. Cette relation privilégiée décide du nombre d'animateurs et d'EI dans l'unité.
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Des animateurs trop jeunes n'auront pas le recul et l'expérience nécessaire pour comprendre et agir dans le respect des identités des jeunes dont ils ont la responsabilité. Ils ne pourront être les "maîtres" prêts à répondre aux légitimes interrogations des éclaireuses et éclaireurs de l'unité. Un environnement "adulte" est indispensable pour une bonne pratique de la co-éducation.
Rien ne peut être pire que la reproduction, à l'échelle de l'unité, des comportements "habituels" des garçons par rapport aux filles, des filles par rapport aux garçons. C'est l'aveu d'un échec dans notre démarche éducative.
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Elle se manifeste par de profondes modifications physiologiques qui ont évidemment d'importantes répercussions psychologiques aussi bien au niveau de la réalisation concrète qu'au niveau de l'imaginaire.
La modification du corps (le développement des organes génitaux, de la pilosité, des seins, la possibilité d'avoir des rapports sexuels et de procréer) a un impact fondamental sur le processus de l'adolescence.
L'équilibre psychique de l'adolescent est perturbé ; ses changements sont un sujet d'intérêt, de préoccupations et même de trouble.
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LA RELATION AVEC L'AUTRE SEXE
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La relation avec l'autre sexe ne s'accomplit pas sans heurts, sans tâtonnements pénibles. Dans l'approche de l'autre sexe, le pré-adolescent pubère et même l'adolescent restent longtemps et souvent inhibés par des réactions de timidité sous une forme souvent cynique ou indifférente.
Il existe un décalage important entre la maturité de la fonction sexuelle et la possibilité d'exercer cette fonction. Le rapport sexuel peut être une expérience angoissante et encore plus déstabilisante pour un adolescent qui n'y est pas prêt, qui n'a pas :
- achevé sa maturation affective
- accepté vraiment ce corps qui se transforme et lui paraît étranger.
Il y a beaucoup de non-dits dans un groupe mixte. Dans un groupe de même sexe, les questions s'expriment plus facilement. A nous de créer les moments pour permettre aux questions de trouver leurs réponses.
Nous devons prévoir dans nos programmes d'activités des temps séparés pour les filles et les garçons. Dans une société profondément "machiste" au plan des comportements, les éclaireuses doivent pouvoir "respirer" et s'exprimer hors la présence de leurs copains du sexe opposé :
- Dans l'année, ce peut-être l'organisation d'un cercle d'étude pour les éclaireuses pour approfondir leurs connaissances sur la femme (dans la société, dans la tradition juive), et répondre à certaines de leurs interrogations (attention : il faut des maîtres…)
- Au camp, c'est l'organisation d'un sous-camp d'équipes éclaireuses et d'un sous-camp d'équipes éclaireurs (Avant de critiquer, faîtes-le bien une fois, et on en parle après. OK…? ).
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L'adolescent, confronté à son nouveau corps qui lui donne une fierté, est dépassé par un sentiment d'inutilité, car il ne sait pas encore s'il pourra s'en servir.
Le corps se transforme à un rythme variable mais de manière globale, la silhouette change aussi bien pour l'adolescent lui-même que pour celui qui le regarde. L'image du corps est bouleversée dans plusieurs domaines : la perception de son corps change, par la façon dont il est utilisé, mis en valeur, habillé, déguisé ou caché, il représente un moyen d'expression symbolique de ses conflits.
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LE PROBLÈME DE L'IDENTIFICATION
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Une des caractéristiques essentielles de cette période, entre 11 et 15 ans est celle de la recherche d'identification. L'enfant qui grandit devra "rejeter" ses parents et se séparer des images parentales idéalisées pendant l'enfance. (Enfant, on imagine ses parents tout- puissants et "tout bons"). La toute puissance parentale est remise en cause par le désir d'autonomie et la rencontre d'autres idéaux.
L'adolescent est dans la nécessité de s'identifier à un adulte. Pour cela, il lui faut à la fois intégrer les qualités d'un parent et prendre de la distance par rapport à lui. Or, il faut du temps pour surmonter ce paradoxe. Au rejet de soi-même, l'adolescent se veut étranger aux autres et étranger à lui-même.
Son identité est menacée. Pour sortir de cette impasse, il a à sa disposition le groupe.
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Le groupe d'adolescents est le moyen grâce auquel il peut trouver une identification :
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- par l'idéalisation d'un membre du groupe (substitut d'une image parentale non dangereuse et suffisamment distante).
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- par les idéaux collectifs qu'il y trouvera.
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Dans le groupe, il trouvera un soutien, une protection, tant envers les adultes qu'envers lui-même, en particulier envers sa propre sexualité. Il trouvera évidemment un rôle social par la dynamique interne du groupe et les divers rôles qui s'y jouent : leaders, soumis, exclus, etcÉ
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L'adolescent n'est pas particulièrement social à cet âge là. Il est très dépendant du groupe, mais développe peu d'attachement profond aux autres. Les adolescents sont des "isolés rassemblés". C'est pourquoi il est important, pour que le groupe soit un bon relais d'identification, que ce groupe ait des lois, attribue des rôles sociaux différenciés à ses membres, et comporte des objectifs précis.
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LES CAPACITÉS INTELLECTUELLES
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L'adolescence est la période privilégiée des apprentissages sociaux et culturels :
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- à cause de cette recherche d'identification
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- parce qu'à cet âge l'individu n'est pas contraint de se conformer à un rôle bien défini.
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Une des fonctions de l'adolescence est de permettre à l'individu de découvrir. puis d'élaborer son propre système de valeurs sociales, éthiques, religieuses, culturelles, professionnelles… à travers la prise de conscience de soi et l'affirmation de son identité.
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DE LA MIXITÉ À LA CO-ÉDUCATION
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Nous avons la responsabilité d'apprendre à des garçons et des filles à vivre ensemble, dans une relation fraternelle où chacun devrait être à l'écoute de l'autre. Cependant, il nous semble nécessaire d'y mettre des limites, compte-tenu de la difficulté d'accepter son corps et sa sexualité. La mixité (on devrait plutôt parler de co-éducation) n'est pas l'obligation pour les garçons et filles d'être ensemble tout le temps.
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Apprendre à vivre ensemble, c'est par exemple faire comprendre aux garçons que les filles ont parfois besoin de se retrouver entre elles. Dans ces moments, le comportement change, et certaines jeunes filles peuvent parfois mieux agir ou s'exprimer sans le regard des copains du sexe opposé (il en va de même pour les garçons).
Organiser au camp d'été un sous-camp d'équipes éclaireuses et un sous-camp d'équipes éclaireurs permettraient une meilleure "respiration" des activités, en préservant la vie "privée", l'intimité du groupe de filles, et celle du groupe de garçons. Le programme devrait prévoir des temps séparés, où les filles comme les garçons pourraient s'exprimer différemment : une veillée, un temps d'étude par exemple. Cette organisation "géographique" de l'unité au camp est le premier apprentissage de "l'autre" : si semblable et si différent, qui existe - et s'amuse - sans moi, que je dois respecter comme homme ou femme.
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Le couchage n'est jamais mixte aux E.I., non seulement pour des raisons "religieuses", mais aussi éducatives (dans le judaïsme, on ne peut dissocier les deux).
Rien de plus déstabilisant que d'être "obligé" de partager une intimité pour laquelle on n'est pas prêt (se déshabiller, dormir, s'habiller, se laver,É) avec des copains du sexe opposé., simplement pour faire "comme les autres". Sans parler d'expérience sexuelleÉ!
Il n'y a donc pas d'équipes mixtes aux EI, non seulement à cause de la question du couchage au camp, mais aussi pour permettre aux filles et aux garçons d'avoir leur petit groupe scout "à eux" : une équipe. Cela permet à une équipe filles et une équipe garçons d'organiser des activités en commun, tout en respectant l'identité de chacune des équipes. C'est le meilleur apprentissage d'une relation adulte fondée sur la compréhension et le respect de "l'autre", si semblable et si différent.
Les EI sont un mouvement mixte où le principe de co-éducation doit être préservé : une certaine tradition "machiste" n'y a pas sa place dans le respect de l'identité des jeunes qui composent nos groupes.
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LA PASSIVITÉ DE L'ADOLESCENT
L'enfant qui grandit perd sa toute-puissance. Il est maintenant dans un état de passivité par rapport à des transformations qu'il subit. Il est également dans une situation de passivité par rapport à ses parents qu'il rejette et dont il dépend néanmoins. Dans ce contexte, il est essentiel de donner à l'adolescent un rôle actif. Un adolescent ne peut répondre à la question : "Qu'est-ce que tu veux ?", car il ne sait pas quels sont ses désirs. Lui demander de décider, de choisir, c'est le renvoyer à sa passivité. Il est important que ce soit les animateurs qui s'impliquent, soient exigeants avec eux et posent les objectifs.
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