
| L'HISTOIRE DE SON ÉGLISE |
| Les Premiers Chrétiens |
Avant de quitter ses disciples pour monter vers le ciel, Jésus leur avait dit : "Allez donc et enseignez à toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde".
Il leur donnait ainsi le pouvoir de créer une communauté religieuse : une Eglise. Les apôtres allaient devenir les porte-parole de Jésus à travers le monde.
Ils prêchèrent d'abord à Jérusalem et dans les territoires qui entouraient la ville. Puis ils commencèrent à voyager à travers le bassin méditerranéen.
Un travail très important sera réalisé par Pierre, celui à qui Jésus avait dit : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise". La nouvelle religion, ou christianisme, est d'abord acceptée par les Romains. Mais, bien vite, un problème se pose : les nouveaux chrétiens, parce qu'ils croient en un seul Dieu (et refusent donc tous les autres y compris les idoles) vont dire "non" au culte de l'empereur que le peuple adorait comme on adore un Dieu. Ils se font aussi mal voir parce qu'ils ne sont finalement aux yeux des Romains qu'une secte juive, sans doute rebelle à l'autorité impériale.
A partir de l'an 65, les persécutions commencent. Néron accuse les chrétiens d'avoir provoqué l'incendie de Rome, et ils sont torturés, livrés aux bêtes sauvages pour être dévorés par elles. Certains chrétiens seront décapités, d'autres brûlés vifs. Pierre lui-même est crucifié. Beaucoup acceptent de périr plutôt que de renoncer à leur foi. Ce seront les premiers martyrs... les premiers saints.
| Paul, le Grand Voyageur |
Alors que Pierre crée à Rome les bases d'une Eglise qui deviendra "romaine et apostolique", Paul, surnommé l'Apôtre des gentils (gentils veut dire étrangers), va essayer de convertir tous les pays qui bordent le nord-est de la Méditerranée.Lui-même avait été converti dans des circonstances extraordinaires. Il se rendait à Damas pour y arrêter des chrétiens quand, sur le chemin, Jésus lui apparaît et lui parle : Paul perd la vue puis la retrouve. A partir de cet instant, il croit en Jésus avec ardeur.
Dans les plus importantes villes de l'Empire romain, en Asie mineure, à Chypre, en Grèce, en Crète, dans l'actuelle Turquie, il va fonder des Eglises, placer des "pasteurs" à leur tête. Puis, pour continuer à les guider, il leur envoie des lettres appelées épîtres.
Dans ces lettres, il transmet le message de Jésus, précise la foi chrétienne et donne des conseils de bonne conduite. Mais bientôt, en allant à Rome, Paul va vers le martyr. Citoyen romain, il demande à être jugé par le tribunal de César. Il est finalement décapité sans avoir renoncé à sa foi.
| Conversions & Persécutions |
Pendant les deux siècles qui suivent, les premiers chrétiens vont, un peu partout autour de la Méditerranée, subir des périodes de persécution plus ou moins rapprochées. Ce qui n'empêche pas des hommes et des femmes, de plus en plus nombreux, de demander à recevoir le baptême.
En 313 enfin, l'empereur Constantin, influencé par sa mère Hélène, qui a été convertie au christianisme, accorde aux chrétiens la liberté de pratiquer leur religion comme ils l'entendent. Encouragé par une apparition alors qu'il combattait, il se fera même baptiser. C'est le début d'une période de paix pour tous les disciples de Jésus-Christ.
En 390, après une nouvelle série de persécutions, le christianisme est reconnu comme religion officielle d'État par l'empereur Théodore, qui fait fermer les temples païens.
| Les Pères de l'Église |
Au IVe et au Ve siècle, des érudits, des savants vont expliquer la Foi et la religion chrétiennes dans des ouvrages qui feront école :
Saint Jérôme, par exemple, traduit la Bible en latin à partir de textes hébreux et grecs. Cette traduction a été nommée la Vulgate ; c'est le texte qui, au cours des siècles, a été généralement utilisé par l'Eglise catholique.
Saint Augustin écrit ses Confessions et La Cité de Dieu.
A cette époque aussi, certains chrétiens décident de se retirer du monde et de se grouper pour consacrer leur vie à la prière. Comme Moïse, comme Jésus, ils s'en vont dans le désert. Ce sont des ermites, ou solitaires. Or "solitaire" en grec se dit monachos. Ce mot deviendra "moine" . Le premier monastère est fondé dans le désert de Thébaïde, en Haute-Egypte, par un ancien militaire : saint Pacôme.
Un peu plus tard (au VIe siècle), saint Benoît fonde en Italie, sur une petite montagne appelée mont Cassin, un monastère dont les moines seront des "bénédictins" (d'après le nom de saint Benoît). C'est le début des grands ordres religieux dont tu as certainement entendu parler.
| Les Chrétiens combattent pour leur Foi |
A partir du Ve siècle, les Barbares envahissent l'Empire romain, qui peu à peu s'effondre. Qui pourra leur résister ? - L'Eglise de Jésus. Seuls ses représentants ont une foi suffisante pour engager le combat.
Attila et les Huns vont envahir Paris ? Sainte Geneviève remonte le moral des habitants de la ville et les Huns épargnent la capitale. De la même manière, alors qu'il marche sur Rome, Attila est arrêté par le pape saint Léon, qui l'engage à retourner de l'autre côté des Alpes.
L'autorité romaine n'existe plus, alors il faut sauver la civilisation méditerranéenne de l'anarchie. Dans chaque grande ville de l'ancien Empire, les évêques prennent en main le gouvernement de leur cité. C'est l'origine vraisemblablement du pouvoir "temporel" de l'Eglise, pouvoir qui a servi à maintenir l'ordre dans le monde civilisé de ce temps.
Mais, au-delà des anciennes frontières de l'Empire romain, le christianisme continue de s'étendre. Dans la France d'alors, Clovis, influencé par sa femme Clothilde, découvre la nouvelle religion. Avant la bataille de Tolbiac, il avait juré de se convertir à la foi du Christ s'il remportait la victoire. Il la remporta et, en 496, se fit baptiser avec tous ses soldats.
En Grande-Bretagne, c'est un certain Augustin qui, avec ses quarante moines, prêche le christianisme. Dans les pays germains, Boniface fonde les premières Eglises chrétiennes.
| Chrétiens & Musulmans |
Bientôt, une autre religion monothéiste, elle aussi dérivée de la Bible, va naître, c'est la religion musulmane (tu en liras l'histoire => Hamid, le petit musulman).
A partir du VIIIe siècle, les Arabes convertis à l'islam envahissent les principaux pays méditerranéens. Ils traversent même le détroit de Gibraltar et partent à la conquête de la France. Mais ils sont arrêtés à Poitiers par Charles-Martel, qui les repousse de l'autre côté des Pyrénées, c'est-à-dire en Espagne, où ils établissent solidement leur nouvelle religion. Les chrétiens vont alors commencer un long combat pour redonner à l'Espagne la foi chrétienne. La lutte durera pendant six siècles.
| Le Pape & les Patriarches |
Au IXe siècle, une première division va s'opérer parmi les chrétiens. L'Eglise dirigée par le pape (successeur de saint Pierre) est alors représentée dans les pays d'Orient par un patriarche : le patriarche de Constantinople. Mais Constantinople semble bien loin de Rome et les chrétiens d'Orient bien différents de ceux d'Occident.
Très vite, les patriarches orientaux ne sont plus d'accord avec le pape. Des problèmes matériels précis se posent :
- pour les chrétiens d'Occident, les prêtres doivent rester célibataires, pour ceux d'Orient ils peuvent se marier.
- dans les Eglises d'Occident, on communie seulement sous la forme du pain ; dans celles d'Orient, les fidèles reçoivent la communion sous les deux espèces (pain et vin).
- le clergé et les fidèles d'Occident reconnaissent au pape les pleins pouvoirs sur l'Eglise tout entière ; les patriarches ne veulent pas reconnaître cette autorité.
Bientôt, ce différend prend les allures d'un conflit international. Les empereurs orientaux viennent à la rescousse des patriarches. Ils proposent d'appuyer leurs revendications par la force.
En 863, le patriarche Ignace, qui était à la tête de l'Eglise de Constantinople, est démis de ses fonctions et l'ancien secrétaire de l'empereur Michel III, le patriarche Photius, prend la tête de l'Eglise d'Orient. Le pape refuse cette nomination. L'empereur et les chrétiens d'Orient n'en tiennent pas compte. C'est la séparation, ou "schisme". Cette séparation va devenir officielle et complète 200 ans plus tard environ, en 1054, sous l'autorité du patriarche Michel Cerularius.
| L'Eglise Orthodoxe |
L'Eglise d'Orient s'appelle désormais l'Eglise orthodoxe. Elle ne dépend plus de l'autorité du pape, mais elle ne dépend pas plus de celle du patriarche de Constantinople, qui n'a en fait qu'un rôle honorifique, une sorte de " paternité morale " sur l'ensemble des orthodoxes.
Plusieurs Eglises "orthodoxes" se créent dans les pays d'Orient. Chacune est totalement maîtresse de sa destinée.
Aujourd'hui encore, ces Eglises orthodoxes sont indépendantes. et leurs membres forment des communautés très unies. Tu rencontreras ainsi des petits orthodoxes arméniens, roumains, grecs ou turcs, par exemple, qui, en France, se retrouvent avec quelques membres de leur communauté d'origine pour prier et célébrer les fêtes.
Cyril, le petit orthodoxe, a non seulement la même histoire, le même Livre Saint, et les mêmes prières que Jean-Marie, le petit catholique, mais il reçoit les mêmes sacrements et fête, avec quelques jours de décalage parfois, les mêmes événements religieux.
Principales " originalités " de la confession orthodoxe :
- les orthodoxes ne reconnaissent pas l'autorité du pape.
- ils considèrent que le Saint-Esprit "procède du Père par le Fils" et non, comme les catholiques, "du Père et du Fils". (C'est une nuance difficile à comprendre pour toi mais elle a eu son importance au moment de la séparation des deux Eglises.)
- ils admettent comme règles de foi celles qui ont été établies exclusivement par les sept premiers conciles oecuméniques.
Sur le plan pratique, quelques différences aussi :
- les orthodoxes ont toujours reçu la communion sous les deux espèces (pain et vin). D'autre part, ils ne célèbrent pas la messe en utilisant du pain azyme (pain sans levain de la pâque juive) mais du pain ordinaire.
- ils se confessent au pied de l'autel, à côté du prêtre (appelée pope) et cela quatre ou cinq fois par an seulement.
- les prêtres orthodoxes ont le droit (et même le devoir) de se marier, tandis que les évêques restent célibataires.
Les Eglises orthodoxes sont fort belles (il y en a plusieurs à Paris). A l'extérieur, elles ont généralement, non pas des clochers pointus, mais des petits toits en forme de bulbes dorés, étincelants. A l'intérieur : une richesse touchante et toutes les splendeurs de I'Orient. C'est là que tu peux voir les fameuses "icônes" : des peintures sur bois représentant le Christ, la Vierge ou les saints.
| Une période de faiblesse |
Au début du 2e millénaire, l'Eglise traverse une période d'effondrement moral. Les prêtres, qu'ils soient simples abbés ou puissants évêques, se laissent aller et mènent une vie facile. Les défauts de la société laïque se répandent parmi les membres du clergé.
Alors, les chefs d'État (qui sont des rois ou des empereurs) et les seigneurs qui règnent sur quelques terres se mettent à nommer eux-mêmes curés et évêques. Ils choisissent bien sûr ceux qui leur plaisent et ne tiennent absolument pas compte de l'autorité du pape. Un homme va redresser la situation. C'est saint Grégoire, qui devient pape sous le nom de Grégoire VII, en 1073. Il avait été marqué par la doctrine des moines de l'abbaye de Cluny, fondée en 909.
Grégoire VII remplace les mauvais évêques par de bons prêtres, et libère ceux-ci "de l'investiture temporelle", ce qui veut dire qu'un prêtre, pour recevoir une charge, n'aura plus besoin de l'accord des autorités laïques du pays. Grâce à lui, l'Eglise entre alors dans une période d'épanouissement et de gloire.
| Au Moyen-âge, le Christianisme-roi |
L'enseignement n'était pas alors très répandu.
C'est l'Eglise qui va se charger, non seulement de faire connaître la théologie, mais aussi les "sept arts" (on appelait ainsi, à l'époque : l'arithmétique, I'astronomie, la géométrie, la grammaire, la logique, la musique et la rhétorique). Chaque cathédrale, chaque abbaye a une école. Bientôt des universités ouvrent leurs portes. Celle de Paris devient vite très célèbre.
C'est là qu'enseigne saint Thomas d'Aquin, qui fixe dans ses écrits la doctrine de l'Eglise. Un peu partout, à l'ombre de clochers, la littérature s'épanouit. En Italie, Dante écrit La Divine Comédie.
Pendant tout le Moyen-Age, le christianisme inspire peintres, architectes et sculpteurs, comme jamais une foi n'a réussi à le faire. Chaque ville, chaque village, chaque monastère construit ses cathédrales, ses Eglises, ses chapelles. Autant de chefs-d'oeuvre qui sont de véritables bibles de pierre, où l'histoire du Christ et des saints est racontée par des artistes pleins de talent et de foi.
Aux voûtes romanes, c'est-à-dire aux voûtes en "berceau", que tu as peut-être vues dans des Eglises très anciennes, succèdent les voûtes gothiques.
Grâce à un système architectural utilisant des ogives qui se croisent et des arcs-boutants pour maintenir les murs, les architectes parviennent à créer des nefs d'Eglise ou de cathédrale d'une hauteur qui semble miraculeuse pour l'époque : près de 50 mètres de haut comme à la cathédrale de Beauvais.
Tu pourras aussi admirer le style gothique dans les cathédrales de Chartres, Reims, ou Amiens.
Pendant le Moyen-Age, un des mouvements les plus extraordinaires de "foi combattante" va naître : la croisade. A Jérusalem, le tombeau du Christ et les lieux saints étaient tombés aux mains des Turcs incroyants. Le pape Urbain II décide alors, en 1095, d'organiser une sorte de pèlerinage pour libérer Jérusalem des infidèles. Il lance un appel à tous les chrétiens, et dans chaque nation d'Occident des hommes se groupent, s'arment, et s'en vont. En 1097, Godefroy de Bouillon libère Jérusalem, dont il est proclamé roi.
Jusqu'au XIIIe siècle, la croisade continuera. Dans ton livre d'histoire, on t'apprendra même qu'il y en a eu huit, mais en fait des croyants partaient sans arrêt à la reconquête des lieux saints. Le mouvement ne s'arrêta pratiquement pas avant 1291, date à laquelle les croisés sont définitivement rejetés de Terre sainte.
MOINES CLOÎTRES & MOINES MENDIANTS
Tu sais qu'au début du Xe siècle (en 909) une abbaye avait été fondée à Cluny. Les moines de cette communauté n'étaient plus libres d'aller et de venir dans le monde. Ils restaient à l'intérieur du monastère, soumis à une discipline rigoureuse. D'autres ordres du même type furent alors créés : celui des chartreux et celui des cisterciens en particulier.
Les monastères deviennent très riches. Leurs "abbés" prennent une importance primordiale auprès des princes régnants et des papes eux-mêmes. Comme toujours dans ces cas-là, avec la richesse et la réussite vient la décadence morale. Face à des tentatives de séparation à l'intérieur de l'Eglise, deux ordres nouveaux se créent : ceux-là veulent être pauvres par réaction. Ils forment les ordres "mendiants".
Tu connais sans doute, ne serait-ce que par les tableaux célèbres, la robe blanche des dominicains et la robe de bure marron des franciscains. Les moines dominicains et franciscains ne s'enferment plus dans leurs couvents : ils vont prêcher dans les villes et les villages. Partout, ils renforcent la foi populaire.
Au XIIIe siècle, les papes sont tout-puissants. Ils parviennent même à se faire obéir des rois de France ou d'Angleterre, et interviennent dans leur vie privée aussi bien que dans le gouvernement de leur pays.
Une telle autorité ne peut durer bien longtemps. Au XVIe siècle, Philippe le Bel, roi de France, entreprend une lutte ouverte contre le pape Boniface Vlll. La papauté est atteinte dans sa puissance. Pendant 70 ans le siège du pape ne sera plus à Rome, mais en France : en Avignon. Alors, des faux papes ou "anti-papes" vont essayer de prendre le pouvoir sur l'Eglise.
On appelle cette période "le grand schisme d'Occident". Il dure jusqu'en 1450.
| L'Église & la Renaissance |
Cette fois-ci les papes oublient un peu trop leur rôle religieux et spirituel pour se consacrer à l'art et à la littérature. Grâce à Léon X par exemple, qui est de la famille des Médicis, la ville de Rome devient le coeur du mouvement appelé Renaissance : de grands peintres comme Michel-Ange ou Raphaël travaillent pour lui. Partout dans Rome des monuments s'élèvent tandis que sculptures et peintures enrichissent les palais et les Eglises. Mais, peu à peu, l'Eglise romaine s'éloigne de sa mission primitive.
Face à cette décadence spirituelle, des chrétiens vont se révolter contre l'autorité de l'Eglise et du pape.
Au XVIe siècle, un moine allemand, Martin Luther, prêche une nouvelle doctrine : "Chacun a le droit d'interpréter librement les textes de la Bible". (Tu liras l'histoire de la Réforme dont il est le fondateur, avec Emmanuel : avec cette réforme commence l'histoire des protestants.) La réforme luthérienne se répand en Europe et, en 1530, un disciple de Luther publie la confession d'Augsbourg, véritable profession de foi des luthériens.
Après Luther, un autre réformateur apparaît en Suisse : Calvin, qui met au point un exposé de la nouvelle doctrine protestante, puis gouverne la ville de Genève, qui devient la Rome du protestantisme.
En Angleterre, c'est le roi Henri VII qui consomme la rupture avec l'Eglise romaine et le pape. Il voulait se remarier et avait demandé à celui-ci d'annuler son précédent mariage. Le pape n'accepte pas. Alors Henri VIII se nomme lui-même chef de l'Eglise d'Angleterre, qui va devenir l'Eglise anglicane.
Cette Eglise réunit actuellement, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, plus de 40 millions de croyants.
Face à ces différentes "réformes" , l'Eglise catholique romaine va réagir.
Le pape Paul III convoque, en 1544, un concile (assemblée des évêques et des grands théologiens) à Trente, en Italie. La doctrine catholique et l'autorité du pape sortent renforcées par les décisions de cette assemblée, qui ne termine ses travaux que neuf ans plus tard. Les anciens ordres religieux se ressaisissent.
De nouveaux ordres sont créés, en particulier "la société de Jésus" qui groupe les "jésuites" : véritables combattants du Christ, ils vont lutter dans toute l'Europe contre le protestantisme, prêcher, enseigner.
Au XVIe siècle, un autre mouvement d'action pour la foi se développe : c'est le mouvement missionnaire. Des religieux s'embarquent à bord de grands voiliers pour aller, sur les traces des explorateurs, prêcher et convertir les populations des continents lointains. L'Amérique, l'Inde et la Chine vont être ainsi évangélisées.
| Le 18e siècle & le déclin de la Chrétienté |
Un peu partout en Europe, un courant philosophique va mettre à la mode l'incrédulité. En France, la révolution de 1789 supprime officiellement les cultes et crée la "laïcité", système dans lequel l'Etat ne reconnaît plus aucune religion.
| Le 19e siècle & le pouvoir spirituel du Pape |
L'Eglise, attaquée par les philosophes et les états laïcs, va réagir. Le pape Pie IX réunit un "concile oecuménique" au Vatican : une assemblée plénière du catholicisme. De cette réunion va sortir, en 1870, le dogme de "l'infaillibilité pontificale" : une doctrine selon laquelle le pape ne peut se tromper quand il se prononce dans des conditions très spéciales, après avoir entendu tous les évêques. Conditions particulièrement difficiles à réunir et qui réduisent fortement le nombre de cas où cette doctrine s'applique.
La papauté retrouve ainsi son autorité morale sur le monde catholique. Tout de suite après cependant, elle perd son pouvoir temporel (sur les états de l'Eglise). Rome est occupée par les révolutionnaires italiens et le pape ne conserve matériellement que le plus petit État du monde: la cité du Vatican.
| Au 20e siècle, l'Eglise fait peau neuve |
Si le XIXe siècle a vu la division des chrétiens, le XXe marquera sans doute leur rapprochement. Tout de suite après la Première Guerre mondiale (1914-1918), "l'oecuménisme" va naître : un mouvement qui tend à réunir toutes les Eglises chrétiennes. En fait, ce sont des Eglises chrétiennes non-catholiques, luttant en Afrique pour rallier au Christ de nouveaux croyants, qui ressentirent les premières ce besoin. En 1948, le Conseil oecuménique des Eglises est fondé. D'abord réticente, l'Eglise catholique s'intéresse peu à peu à ce mouvement d'unité.
A la même époque, c'est-à-dire tout de suite après la guerre de 1914, un autre mouvement va se développer au sein de l'Eglise : c'est le "mouvement liturgique". Celui-ci a pour but de transformer, en l'adaptant au monde nouveau, la liturgie catholique, c'est-à-dire l'ensemble des prières et des sacrements. Le mouvement liturgique, né en Allemagne et en Belgique, s'étendra bientôt à la France.
| Jean XXIII & Vatican II |
Les deux tendances nouvelles du XXe siècle : tendance à l'unité chrétienne et tendance à la modernisation de la liturgie, deviennent réalités grâce à un pape particulièrement dynamique Jean XXIII.
Celui-ci réunit à Rome en 1962 un concile appelé Vatican II, qui va affirmer la présence de l'Eglise face au monde moderne, reconnaître les idéaux de liberté et d'unité qui partout se sont développés. De cette assemblée véritablement mondiale vont sortir différents textes appelés " constitutions " ou "décrets". En voici les plus importants :
Elle réforme à la fois le culte et la prière puisqu'elle détermine :
- la participation active des fidèles à la célébration de la messe et des sacrements ;
- l'importance qu'il faut donner à "la proclamation de la parole de Dieu", c'est-à-dire à la lecture des textes de la Bible, aussi bien Ancien que Nouveau Testament ;
- la simplification de la célébration de la messe et des sacrements : le latin est remplacé par la langue du pays (C'est depuis Vatican II qu'on dit la messe en français dans les Eglises de ton pays).
L'Eglise se définit comme peuple de Dieu, liée au destin des peuples qu'elle sert. Cette église a une activité missionnaire (c'est le décret Ad gentes) . Si l'église est faite pour évangéliser les peuples, elle doit respecter la culture et la mentalité de chacun de ces peuples.
Jean XXIII, particulièrement préoccupé par le mouvement oecuménique, avait invité au concile des représentants des Eglises orthodoxes et protestantes.
Avec Vatican II, le dialogue oecuménique est véritablement ouvert. Il en ressort un décret où l'église catholique, sans abandonner les principes essentiels de la doctrine, recommande "une prière commune et un état d'esprit commun" aux chrétiens des différentes églises.
| Paul VI : Liberté et Unité |
Jean XXIII meurt. Il est remplacé par Paul VI, qui dirige la fin des travaux de Vatican II. Le concile ne se termine qu'en décembre 1965. Au cours de ce mois, une déclaration très importante va être publiée : elle porte sur la liberté religieuse et affirme le principe selon lequel "tout homme, en raison de sa nature spirituelle, jouit du droit de liberté religieuse". Le dialogue est ouvert avec les religions non chrétiennes.
Après le concile, Paul VI tentera de matérialiser les principes d'unité qui viennent d'être affirmés :
| Année 1967 |
Il va à Jérusalem et rencontre le patriarche orthodoxe Athenagoras : c'est l'ouverture sur les Eglises orthodoxes.
| Année 1969 |
Paul VI rencontre l'archevêque de Canterbury : c'est une main tendue à l'Eglise anglicane. Le pape visite le siège du Conseil oecuménique à Genève : c'est un pas de fait en direction des Eglises protestantes.
Dans le domaine de la liturgie, comme dans celui de l'unité, l'Eglise d'aujourd'hui essaie d'appliquer les nouveaux principes établis par le concile. Ce qui n'est pas simple.
Comme dans toute application humaine, des tendances différentes se manifestent : les uns veulent "moderniser" au maximum, les autres tiennent à leurs traditions... Mais partout la vie et la volonté de bien faire dynamisent les croyants.
JEAN-MARIE, LE PETIT CATHOLIQUE |
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| 1- | SON HISTOIRE | |
| 2- | L'HISTOIRE DE SON ÉGLISE | |
| 3- | COMMENT IL VOIT DIEU | |
| 4- | SON LIVRE | |
| 5- | SA JOURNÉE | |
| 6- | SA SEMAINE | |
| 7- | SON CALENDRIER ET SES FÊTES | |
| 8- | LES GRANDS ÉVÉNEMENTS DE SA VIE | |
| 9- | SA MAISON COMMUNE | |
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10- |
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PRINCIPALES RELIGIONS EN FRANCE |
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