JEAN-MARIE, LE PETIT CATHOLIQUE


SON HISTOIRE ET CELLE DES AUTRES PETITS CHRÉTIENS

Tu as déjà découvert le commencement de cette histoire en lisant celle de David, le petit Juif. En effet, pour Jean-Marie et pour tous les chrétiens, la Genèse (ou récit de la création du monde) marque le début de l'histoire des hommes. Les autres livres de la Bible en racontent la suite.

Adam et Eve, premiers parents des chrétiens, n'ont pas été parfaits, parfaits. Ceci d'après le récit symbolique dont tu trouveras de belles images dans les musées. Ils ont même été très vilains. Ils ont fait ce que Dieu leur avait interdit ; ils ont voulu "tout savoir". Selon la tradition, l'histoire se raconte de la manière suivante :

Adam et Eve étaient au jardin d'Eden (entends par là, le Paradis), un jardin merveilleux où les fleurs et les fruits poussaient tous seuls dans une lumière et un soleil qui mettaient la joie au coeur du premier couple humain créé par Dieu. Mais un horrible serpent (qui, en fait, représente le mal et la tentation de faire le mal) dit à Eve : "Est-ce que par hasard Dieu ne vous aurait pas défendu de manger les fruits de cet arbre ?".

Eve répondit : "Non. Il nous a seulement interdit de toucher aux fruits de l'arbre qui est au milieu du jardin. Et il a dit : "Si vous y touchez, vous mourrez".

Alors le serpent, un petit malin, lui répondit : "Non, non, vous ne mourrez pas. Mais Dieu sait bien que le jour où vous en goûterez vos yeux s'ouvriront et vous serez comme Dieu lui-même : vous connaîtrez le bien et le mal".

Qu'arriva-t-il alors ? Tu t'en doutes et tu aurais peut-être fait comme elle... Poussée par la curiosité et le désir de connaître le bien et le mal... comme Dieu, Eve mangea le plus beau fruit du jardin et le tendit à Adam afin qu'il le goûte aussi. Dieu les avait prévenus. Le serpent, qui était le diable (entends par là, le mal), les avait, lui aussi, prévenus à sa façon...

Le Bien et le Mal

Quand ils eurent mangé le fruit, c'est-à-dire quand ils eurent désobéi, leurs yeux s'ouvrirent et ils surent à la fois ce qu'il y avait de bien et ce qu'il y avait de mal dans ce jardin qui était le Monde. Ils découvrirent par exemple qu'ils étaient nus, alors que jusque-là ils avaient vécu dans l'innocence des petits enfants et trouvaient cette nudité naturelle. Ils étaient tellement "mal dans leur peau" qu'ils se cachèrent quand Dieu s'approcha d'eux.

Dieu dit à l'homme : "Où es-tu ?" et l'homme répondit : "J'ai entendu ton pas dans le jardin et j'ai eu peur parce que je suis nu. Alors je me suis caché".

A partir de ce moment (très important dans l'histoire du petit Jean-Marie et de ses frères) le premier homme et la première femme ont, symboliquement, "péché" , comme toi lorsque tu fais exprès quelque chose que l'on t'a interdit. Mais Dieu, qui les aime au point de donner sa vie pour eux, leur enverra un sauveur : son propre fils.

Et pour Jean-Marie, le petit catholique, toute la Bible n'est qu'une longue prophétie, une longue attente de celui que Dieu enverra aux hommes pour les sauver. Le Messie... fils unique de Dieu, Jésus-Christ.

Un Mystère

Nous abordons ici le "mystère" de la Sainte Trinité. Pour les catholiques Dieu est "Un" comme pour tous les peuples monothéistes. Une personne, mais sous trois aspects ou trois "réalisations" . C'est difficile à comprendre. Mais tu peux très bien imaginer...:

- le Père: aspect de création, de "production" ,

- le Fils: qui incarne l'idée de "recevoir" ,

- le Saint-Esprit : notion de "communication" entre les personnes.

Toi-même tu te réalises de différentes manières :
- au stade, au patronage, ou à l'atelier de travaux manuels, tu "crées" quelque chose ;
- à la maison et à l'école tu "reçois" comme un fils l'amour et l'enseignement qu'on te donne ;
- avec tes amis, tu communiques, tu fais "passer aux autres" les idées, les pensées, les images que tu as en toi.

Le catholicisme est la religion de la "rédemption" ou sauvetage de l'homme par un Dieu devenu homme. Cette rédemption, annoncée par la Bible (en particulier par les prophètes) a eu lieu, pour les chrétiens, au pays de Canaan (I'actuel état d'lsraël) il y a environ deux mille ans.

L'Annonce faite à Marie

Quand vint la plénitude des temps,

Dieu envoya son fils né d'une femme,

pour nous adopter comme des fils...

Une jeune fille, appelée Marie, vivait en Galilée (un pays tout en collines boisées et en vallées où broutent les troupeaux). Cette jeune fille n'était pas encore mariée mais seulement fiancée à un homme, juif aussi de Galilée, appelé Joseph qui était menuisier.

Un jour, comme Marie était dans sa maison, elle eut une vision intérieure qui, traditionnellement, se traduit par l'histoire suivante : L'ange Gabriel, envoyé par Dieu, lui apparut et lui dit : "Je te salue, Marie, tu es touchée par la Grâce ! Le Seigneur est avec toi".

Marie, toute bouleversée, demanda à l'ange ce que ces paroles signifiaient. L'ange l'apaisa : "Ne crains rien. Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Tu vas concevoir un enfant que tu mettras au monde. Ce fils, tu l'appelleras Jésus. Il sera grand et sera nommé Fils du très haut. Il régnera sur la maison d'lsraël jusqu'à la fin des temps".

Une Preuve...

Marie, innocement, dit à l'ange :

- "Comment cela est-il possible puisque je ne suis pas mariée ?"

Alors l'ange lui expliqua tout :

- "C'est l'Esprit-Saint qui descend sur toi et la puissance de Dieu te couvrira de son ombre. C'est pour cela que l'enfant que tu porteras sera appelé Fils de Dieu".

Et, voulant donner sans doute à cette jeune fille de Galilée la preuve des événements énormes qu'il annonçait, I'ange Gabriel ajouta :

-"Elisabeth, ta cousine, attend elle aussi un fils... car rien n'est impossible à Dieu".

Or Elisabeth était une femme âgée, qui selon les lois de la nature ne pouvait normalement plus avoir d'enfant. Touchée par la Grâce, Marie dit alors ces paroles d'acceptation :

- "Je suis la servante du Seigneur. Qu'il me soit fait selon sa volonté".

L'ange quitta Marie, et la volonté de Dieu fut faite : un enfant commença à vivre dans le ventre de la jeune fille. Rencontrant bientôt sa cousine Elisabeth, Marie eut d'ailleurs la confirmation du double miracle qui s'était produit.

Jésus vient au monde

Quelques mois plus tard, alors que la naissance approchait, Marie et Joseph quittèrent leur ville pour monter en Judée, vers la petite cité de Bethléem où ils devaient se faire recenser. En effet, I'empereur romain César-Auguste avait ordonné de "recenser tous les habitants du pays", c'est-à-dire d'en établir la liste complète.

Les auberges avaient refusé à ces deux pauvres gens de Nazareth une pièce où passer la nuit. Alors ils s'installèrent dans une étable et là, au milieu de la nuit claire du pays de Judée, Marie mit au monde un fils : Jésus. Elle l'enveloppa d'étoffes pour le réchauffer, et le coucha dans une mangeoire. La légende a entouré cette mangeoire d'animaux que tu retrouveras dans les chansons, les crèches et les images de Noël.

Les Bergers

Pendant cette même nuit, plus loin dans le pays, des bergers qui gardaient leurs troupeaux virent soudain un ange qui leur dit :

- "Il vous est né aujourd'hui à Bethléem un sauveur qui est le Messie. Vous le trouverez enveloppé de langes et couché dans une mangeoire".

Les bergers partirent immédiatement pour Bethléem, trouvèrent l'enfant, Marie et Joseph. Alors ils dirent ce que l'ange leur avait annoncé concernant cet enfant. Tout le monde s'émerveilla et remercia Dieu en lui rendant gloire.

Les Rois Mages

A cette époque, des voyageurs sages et bons, venus de très loin (d'Orient) arrivèrent à Jérusalem. Ils dirent :

- "Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Chez nous, en Orient, son étoile nous est apparue. Nous l'avons suivie, nous venons aujourd'hui adorer ce petit roi".

Le roi Hérode et tout son entourage, très troublés par cette nouvelle, après s'être informés auprès des docteurs de la Loi, envoyèrent les mages à Bethléem, leur demandant de revenir ensuite leur dire ce qu'ils avaient vu. Toujours guidés par l'Étoile, les mages trouvèrent Jésus et l'adorèrent, lui offrant de l'or, de l'encens et de la myrrhe (une herbe odorante). Mais ils ne revinrent pas vers Hérode.

Jésus enfant au Temple

Chaque année, pour la fête juive de la Pâque (tu en as lu l'histoire avec David, le petit juif), Joseph et Marie montaient à Jérusalem où se trouvait le Temple.

Quand Jésus eut 12 ans, ils l'emmenèrent avec eux. Mais quand la fête fut terminée, alors qu'ils repartaient vers leur maison de Nazareth, ils s'aperçurent que l'enfant n'était pas avec eux. Ils revinrent vers la ville sainte et trouvèrent Jésus dans le Temple, entourés de savants qui admiraient son intelligence. Alors Marie, comme n'importe quelle mère de famille, se fâcha :

- "Pourquoi as-tu fait ça ?"

Et Jésus répondit :

- "Pourquoi me cherchiez-vous ? Vous ne savez donc pas que je me dois aux affaires de mon Père ?"

Marie conserva ces paroles en son coeur, mais ne les comprit pas tout de suite. Déjà, Jésus enfant faisait allusion à Dieu, son véritable Père.

Jean-Baptiste annonce Jésus

Les années ont passé et Jésus est devenu un homme. A ce moment-là, dans le désert de Judée, un homme qui ressemble à un pauvre pèlerin proclame à qui veut l'entendre :

- "Convertissez-vous. Le règne de Dieu est proche".

D'un peu partout, les hommes viennent à lui, avouent leurs fautes, et lui demandent de les baptiser dans les eaux du Jourdain (un fleuve du pays).

Jean-Baptiste leur annonce alors la venue de Jésus, "celui qui est plus fort que moi".

Un jour, Jésus lui-même vint sur les bords du Jourdain et fut baptisé. Quand il sortit de l'eau, le ciel s'ouvrit et l'Esprit-Saint descendit vers lui comme une colombe. Une voix céleste se fit alors entendre et dit : "Tu es mon fils bien-aimé, tu as toute ma faveur". A partir de cet instant Jésus, aidé, illuminé par l'Esprit-Saint, va se consacrer à sa mission.

La Tentation de Jésus

Il se retire alors dans le désert, mais le Diable va le tenter en lui disant d'abord :

- "Si tu es Dieu, pourquoi ne changes-tu pas ces pierres en pain ?"

Mais Jésus n'avait pas besoin d'aliments parce que les Ecritures disent : "L'homme n'a pas seulement besoin de pain". Il faisait allusion,aux nourritures de l'âme.

Ensuite le Diable proposa à Jésus de l'adorer, en échange de quoi il lui donnerait le pouvoir sur tous les peuples et tous les pays de la terre. Mais Jésus répondit :

- "Il est écrit : tu adoreras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de toutes tes forces, et tu n'adoreras que lui.".

Enfin, le Diable emmena Jésus sur le sommet du Temple et le tenta encore en lui disant de se jeter en bas pour prouver qu'il était le fils de Dieu. Jésus répondit au Diable qu'il ne fallait pas tenter le Seigneur, et le Diable capitula.

Jésus commence sa mission

Jésus a trente ans. Il parcourt la Galilée pour annoncer que "le Royaume de Dieu est proche" et demander aux hommes de se convertir. Partout où il parle, les foules l'écoutent : dans les synagogues ou maisons de prière en particulier. Petit à petit, les habitants du pays viennent le voir et lui demandent de guérir les malades. Il les guérit.

Jésus et ses Disciples

Or, un jour, Jésus se promène au bord de la mer de Galilée (une mer intérieure appelée aujourd'hui lac de Tibériade), un lac parfois très calme, aux tons pastels, entouré de collines d'ocre rosé. Il aperçoit deux pêcheurs, Simon et André, qui lancent leurs filets pour les ramener pleins de poissons.

Jésus leur dit : "Suivez-moi et je vous ferai pêcheurs d'hommes". Un peu plus loin, il appelle de la même manière deux autres pêcheurs, Jean et Jacques. Eux aussi devinrent ses disciples. Plus tard, Philippe se joint à eux ainsi que son ami Nathanaël.

Les Noces de Cana

Quelques jours après, il y avait un grand mariage dans une petite ville de Galilée appelée Cana. Jésus y fut invité avec sa mère et ses disciples. Bientôt le vin s'épuise. Alors Marie se tourne vers son fils et le lui dit. Jésus fait remplir six grandes cruches de terre avec de l'eau puis demande qu'on les porte au maître de maison. Le maître de maison boit : I'eau a été changée en vin.

C'est le premier acte symbolique ou "miraculeux" de Jésus réalisé en public.

Le Sermon sur la Montagne

Jésus est alors reconnu par ses disciples et par ceux qui l'entourent. Il parcourt le pays, prêchant, guérissant, répondant aux questions par des "paraboles" (petites histoires pleines d'images sous lesquelles se cache un enseignement, une leçon profonde, une morale). Mais un jour il fait bien plus : une foule de gens est réunie autour de lui. Il monte au sommet d'une petite montagne et commence un long discours en s'adressant à ses disciples.

Voici, d'après les récits de Matthieu et de Luc, ce qu'il dit :

Heureux ceux qui ont un coeur de pauvre, car le royaume des Cieux est à eux !

Heureux ceux qui sont affligés, car ils seront consolés !

Heureux ceux qui sont doux, car ils posséderont la terre !

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés !

Heureux ceux qui ont un coeur miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !

Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu !

Heureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu !

Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux !

Vous êtes le sel de la terre ; mais si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon à rien qu'à être jeté dehors pour être foulé aux pieds par les hommes. Vous êtes la lumière du monde. "

Les 12 Apôtres

Un autre jour, alors qu'il avait passé la nuit en prière dans la montagne, il réunit ses disciples et en choisit douze pour devenir apôtres. Parmi eux tu connais déjà les pêcheurs Simon et André, Jacques et Jean (les deux autres frères du lac de Tibériade) et puis Philippe et Bartholomée, Matthieu et Thomas. Un deuxième Jacques et un deuxième Simon, appelé celui-là le Zélothe (une secte courageuse d'lsraël dont tu as entendu parler avec David : les héros de Massada) ; enfin deux Judas : Judas fils de Jacques, et Judas fils d'lscariote : celui qui devait par la suite trahir Jésus.

Tu ne vois pas ici le nom de Pierre, pourtant bien connu comme apôtre, puisqu'il devait être le premier chef de l'Eglise et que tous les papes sont ses successeurs. C'est qu'il s'appelait alors Simon. Or, un jour, alors que Jésus interrogeait ses disciples sur ce qu'ils pensaient de lui, Simon répondit : "Tu es le Christ, le fils du Dieu vivant !"

Le Christ dit alors à Simon :

- "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Les forces de la terre seront moins fortes qu'elle..."

Il dit aussi à Simon-Pierre :

- "Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les Cieux et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les Cieux".

Ce qui donnait à Pierre et aux futurs responsables de l'Eglise le pouvoir de pardonner aux hommes.

Les Miracles de Jésus

Jésus continua alors de prêcher. Il affirmait son origine divine, disait qu'il était venu pour sauver les hommes et leur annonçait aussi sa mort prochaine. Mais son élan, sa fougue verbale et la lumière morale qui rayonnait de lui ne suffisaient pas à convaincre les foules. Alors, pour témoigner de l'amour de Dieu, il donnait des signes ou "miracles" .

Certains sont très célèbres, et tu en as sans doute entendu parler.

Après les Noces de Cana où Jésus avait changé l'eau en vin, il y eut la tempête soudainement apaisée, puis le paralysé de Capharnaüm (une ville antique au bord du lac de Tibériade) auquel Jésus, après lui avoir pardonné ses péchés, dit : "Lève-toi et marche..." Un peu plus tard, à Jérusalem cette fois, il guérira un homme infirme depuis près de 40 ans.

Ainsi Jésus redonnait la vue aux aveugles de naissance, faisait entendre les sourds. Il pouvait même ressusciter les morts. C'est ce qu'il fit pour un homme qu'il aimait particulièrement et qui s'appelait Lazare. Celui-ci était depuis trois jours au tombeau quand Jésus arriva, à la demande des soeurs de Lazare, Marthe et-Marie, qui étaient des femmes très pieuses. Jésus ordonna à Lazare de se lever et Lazare sortit du tombeau, encore entouré de ses bandelettes, comme une momie.

Jésus et ses Ennemis

Jésus allait, prêchait, faisait des miracles... Beaucoup tombaient en adoration devant lui comme ces gens du peuple qui, près de Jérusalem, étendirent leur manteau sous les pas du Fils de Dieu, monté sur un ânon, et coupaient des branches d'olivier pour saluer son passage. Mais, parmi cette foule, il y avait aussi des pharisiens : une secte religieuse qui affectait d'être beaucoup plus fidèle à la Loi que les autres croyants.

Ces pharisiens, en voyant les disciples de Jésus faire la haie autour de lui et crier : "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur", dirent au Christ de les réprimander : ils avaient commis un véritable sacrilège. Bien entendu, Jésus ne le fit pas. De plus, il précisa aux pharisiens que "même si ses disciples se taisaient, les pierres, elles, crieraient la vérité". Cela, les pharisiens ne pouvaient l'admettre. Pas plus que les théories humanitaires de Jésus, sa bonté envers les pauvres et les malades, son désintéressement.

Jésus et les Marchands

lls se heurtèrent à lui plus ouvertement encore : un jour, Jésus entra dans le Temple et y trouva des marchands et des changeurs d'argent, confortablement installés. Mécontent, il chassa tous les marchands, renversa les tréteaux, bousculant les plateaux des changeurs, les paniers et les amphores. En faisant cela, il cita les paroles du Livre Saint :

- "Ma maison sera appelée maison de prière par toutes les nations. Et vous, cria-t-il aux marchands, vous en avez fait un repère de truands".

Alors les pharisiens et les scribes, qui étaient les docteurs de la Loi, se liguèrent et commencèrent à souhaiter la mort de Jésus. Mais ils n'osaient intervenir ouvertement par crainte de la foule qui suivait et aimait Jésus.

Deux jours avant la Pâque, alors que tout le monde déjà faisait des préparatifs pour la fête, les scribes et les chefs des prêtres cherchaient un moyen de se débarrasser du "faux Messie" sans troubler la période de fêtes qui commençait. Alors, I'un des 12 apôtres choisis par Jésus, celui qui s'appelait Judas Iscariote, trahit Jésus. Il alla trouver les chefs religieux, s'entendit avec eux et leur promit de leur livrer son maître dès que l'occasion se présenterait. Affaire conclue : une somme serait versée à Judas en échange de cette "livraison" .

Le repas de Pâques

Pendant ce temps, Jésus et ses disciples préparaient la Pâque, en hébreu PESSA'H. Jésus avait donné son accord pour se rendre chez un ami qui les conviait tous. Quand la nuit fut tombée, on célébra donc le repas traditionnel, comme dans toutes les maisons du pays. Jésus était entouré de ses 12 apôtres. Avant le repas, il leur dit :

- "J'ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. Car, désormais, je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu".

Ensuite, il se lève, quitte ses vêtements, s'entoure les reins d'une serviette, puis il verse de l'eau dans un récipient et commence à laver les pieds de ses disciples. Quand il arrive devant Pierre, celui-ci s'écrie :

- "Seigneur, c'est vous qui me lavez les pieds !" Jésus lui répond : "Ce que je fais, tu ne peux le comprendre maintenant, mais tu le comprendras plus tard..."

Jésus, le maître, leur avait donné une leçon: si Lui pouvait leur laver les pieds, chacun d'eux pouvait laver les pieds des autres sans orgueil mal placé. Une leçon d'humilité...

Enfin le repas lui-même, ou séder, commence. Jésus, en tant que "maître" du petit groupe, célèbre le rite : il prend donc du pain azyme, puis, après avoir récité les bénédictions traditionnelles, il le rompt et le distribue à ses disciples en disant :

- "Prenez et mangez, ceci est mon corps".

Puis Jésus prend une coupe de vin, prie et tend la coupe à ses compagnons afin qu'ils en boivent tous car, dit-il :

- "Ceci est mon sang. Le sang de la nouvelle et éternelle alliance, qui a été répandu pour tous".

Comme tu le sais peut-être, en faisant ces gestes et en prononçant ces mots, Jésus instaurait un repas sacré appelé par la suite la Sainte Cène, et au cours duquel, sur la parole du prêtre, le pain sera changé en corps du Christ et le vin en son sang. Les catholiques pourront ainsi "communier", c'est-à-dire recevoir Jésus sous la forme du pain (et, dans certains cas, sous celle du vin également).

La nuit sur le Mont des Oliviers

Après le dîner de la Pâque, Jésus et ses apôtres partirent vers le mont des Oliviers. S'installant sur cette petite colline couverte d'arbres au tronc noueux à travers lesquels on aperçoit Jérusalem à la lumière des étoiles, Jésus dit à ses apôtres :

- "Je vous serai à tous une occasion de chute..." Mais il leur annonça aussi sa résurrection, "et lorsque je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée".

Ensuite, il mit Simon-Pierre en garde contre la tentation qui allait l'envahir d'abandonner son maître.

- "Cette nuit-ci, avant que le coq ait chanté, trois fois tu me renieras".

Veillant et priant avec ses disciples, comme un père fait ses dernières recommandations aux siens avant de mourir, Jésus leur dit :

- "Aimez-vous les uns les autres comme je vous aime".

C'est le grand commandement d'amour que Jésus apportait aux hommes. Le "signe" par lequel on devait désormais reconnaître les vrais disciples de la nouvelle Foi.

Je vous enverrai un Conseiller

En faisant ses adieux à ses disciples, sur le mont des Oliviers, Jésus leur dit beaucoup de choses. Mais les apôtres ne pouvaient pas toutes les comprendre. Alors Jésus leur promit de leur envoyer, pour les éclairer, un conseiller suprême : le Saint-Esprit, qui ferait la lumière en eux. "Mais, dit-il, pour vous envoyer ce conseiller, il faut d'abord que je parte".

Et Jésus, encore une fois, annonçait ce qui allait lui arriver :

- "Vous allez pleurer et vous désoler. Vous allez vivre dans la tristesse, puis votre tristesse se changera en joie".

Et il compara cette joie à celle qu'une femme éprouve en mettant un enfant au monde : elle souffre d'abord, puis elle est envahie de bonheur. Après avoir transmis au monde un message d'amour, Jésus lui transmet un message de joie.

La Trahison du Disciple

Dans les jardins de Gethsémani, une autre longue nuit de veille, de prière et d'angoisse va commencer. Là, Jésus prie, il a même envie de demander pitié à son Père, de lui demander "d'éloigner de lui cette coupe de souffrance". Mais déjà il "sait" et il accepte ce qui va suivre. Judas arrive alors, entouré d'hommes armés. Ces hommes sont envoyés par les pharisiens et les scribes auxquels Judas a promis de livrer Jésus. Un code secret a même été mis au point. Judas a dit aux ennemis de Jésus : "Celui à qui je donnerai un baiser... ce sera lui". Alors Judas, pour toucher les quelques deniers (francs de l'époque) promis pour livrer Jésus, s'avance vers le maître bien-aimé et l'embrasse en lui disant "maître..." Les hommes armés d'épées et de gourdins entourent alors Jésus, l'immobilisent... Il est arrêté.

Mais il n'est pas "désarmé" moralement pour autant. Il dit aux hommes envoyés par les pharisiens et les scribes :

- "Vous êtes venus avec des armes et des bâtons pour m'arrêter, comme si j'étais un brigand. Chaque jour, j'étais avec vous dans le Temple. J'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté..."

Dès ce moment, les disciples s'éloignent ; Jésus est seul, face à ses bourreaux. Ceux-ci l'emmènent chez le grand prêtre. Une sorte de tribunal se réunit alors. Il y a là les scribes, les chefs des prêtres, le Grand Conseil. Tous cherchent à confondre Jésus. Ils l'interrogent :

- "Es-tu le fils de Dieu ?"

Et Jésus répond:

-"Oui, je le suis".

Blasphème !

Tout le monde est d'accord pour condamner Jésus, qui a insulté Dieu.

La sentence tombe: "Peine de mort".

Alors que Jésus est arrêté, une servante aperçoit Pierre et dit :

- " Je le reconnais. Il était avec Jésus. "

Et Pierre, comme Jésus l'avait prédit, renie son maître :

- "Je ne connais pas cet homme".

Par trois fois, il le renie encore au cours de cette fameuse nuit. La troisième fois, alors que le coq chante, il se rappelle ce que Jésus lui a dit et il pleure.

Rome s'en lave les mains

Dès que le jour fut levé, les chefs des prêtres livrèrent Jésus à l'homme qui représentait le pouvoir romain : Ponce Pilate. Pour obtenir son accord, ils lui avaient laissé entendre que Jésus, par son comportement et ses prédictions, semait le désordre dans le pays.

Alors, Ponce Pilate interrogea Jésus de manière à le confondre, mais ne trouva rien de condamnable dans son attitude. Comme les prêtres, les scribes et les personnes présentes criaient : "Crucifiez-le", il décida de ne plus se mêler de cette affaire qui risquait de semer la panique dans sa "colonie". Il fit apporter de l'eau et, face à la foule, se lava ostensiblement les mains, laissant à cette foule la responsabilité de son jugement. Il ordonna simplement qu'on fouettât Jésus avec de fines branches flexibles, puis il l'abandonna à ceux qui voulaient sa mort.

Jésus tomba donc entre les mains des soldats qui, pour s'amuser, eurent une idée : comme Jésus disait être le roi des Juifs, ils lui fabriquèrent une couronne avec des épines et la lui enfoncèrent sur la tête jusqu'à ce que son front saigne. Puis, ils le revêtirent d'un manteau rouge et le saluèrent comme le "roi des Juifs".

Le Supplice de la Croix

Après ce carnaval, ils emmenèrent Jésus pour lui faire subir le supplice de la croix, supplice réservé aux voleurs et aux brigands.

Ils remirent à Jésus une lourde croix de bois qu'il devait porter jusqu'au lieu de la crucifixion : un petit mont appelé Golgotha. Jésus peina sur ce chemin : c'est le "chemin de la croix" dont tu as peut-être entendu parler. Arrivés là, ils plantèrent la croix dans le sol et y fixèrent Jésus, vivant, à l'aide de clous.

Deux voleurs étaient crucifiés en même temps que Jésus. L'un se moqua de lui, I'autre le défendit et Jésus lui promit qu'il serait avec lui au royaume des Cieux. Ce sont eux qu'on appelle couramment "le bon et le mauvais larron".

Tandis que sa mère et Marie-Madeleine (une femme qui auparavant menait une vie dissolue) se tenaient au pied de la croix, pendant les longues heures de l'après-midi de ce vendredi (appelé Vendredi saint), Jésus agonisa sur la croix. A trois heures, il rendit son âme à Dieu le Père.

Jésus ressucité

Jésus étant mort sur la croix, il fut enveloppé d'un linge blanc, appelé linceul, et déposé dans une tombe creusée dans le roc. Mais les chefs des prêtres n'étaient pas tranquilles. Ils se réunirent chez Ponce Pilate pour demander que le tombeau soit gardé. Pilate, selon son habitude, ne voulut pas s'en mêler. Alors, une pierre fut roulée devant l'entrée du tombeau.

Mais le premier jour de la semaine (qui était alors un dimanche), des femmes vinrent au tombeau pour embaumer le corps de Jésus. La pierre était écartée, et le tombeau vide. Imaginez leur étonnement ! Deux apparitions éblouissantes les tranquillisèrent, leur rappelant les paroles du Christ : "Il faut que le fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il se relève du tombeau le troisième jour".

Jésus monte vers le Ciel

Vite, elles allèrent prévenir les apôtres. Peu à peu, le bruit se répand de la résurrection de Jésus.

Il apparaît successivement à plusieurs de ses amis et disciples (à Thomas en particulier qui doutait de tout). Enfin un jour, au cours d'une nouvelle apparition, alors que les apôtres étaient ensemble, il leur dit : " Je vais vous envoyer celui qui vous a été promis par mon père. "Et il leur conseilla de rester dans Jérusalem jusqu'à ce qu'ils soient remplis d'une force venue d'en haut"

Jésus les accompagna jusqu'à Béthanie. Levant les mains, il les bénit, puis s'éloigna d'eux : il était enlevé vers le ciel.

L'Esprit-Saint descend sur les Apôtres

Jésus tint ses promesses : quelques jours plus tard, ses disciples étaient réunis à l'occasion de la Pentecôte (fête juive qui célèbre le jour où Dieu remit à Moïse les Tables de la Loi). Soudain, un vent anormal souffla à travers la maison, et ils virent des langues de feu se poser sur la tête de chacun d'eux.

Une foule composée de gens venus de tous les pays était présente à Jérusalem ce jour-là. Elle accourut au bruit fait dans la maison, et chacune des personnes composant cette foule entendit les apôtres parler dans sa propre langue.

L'Esprit-Saint était descendu sur eux et leur avait donné l'art de se faire entendre : un don exceptionnel.


JEAN-MARIE, LE PETIT CATHOLIQUE

1-   SON HISTOIRE
2-   L'HISTOIRE DE SON ÉGLISE
3-   COMMENT IL VOIT DIEU
4-   SON LIVRE
5-   SA JOURNÉE
6-   SA SEMAINE
7-   SON CALENDRIER ET SES FÊTES
8-   LES GRANDS ÉVÉNEMENTS DE SA VIE
9-   SA MAISON COMMUNE

 10-

   SES GUIDES
PRINCIPALES RELIGIONS EN FRANCE